De la croisée opaline rayonne
Une lumière froide et immaculée.
Le regard perdu vers cette vesprée
Tu vis coupée du monde, jeune madone.

Les meubles et les murs couleur céruse
Ne brisent ici nulle solitude.
Tu es là, sereine, sans turpitude,
Et pour mon âme meurtrie, une muse.

Le silence de Dieu n'est plus, pour moi,
Source de terreur : Je suis en émoi
Face au silence de ce blond torrent

Ondoyant sur ton épaule dorée,
Caressant tes jambes nues, mordorées.
Je m'effondre à genoux ; je suis orant.